Voilà un article assez important (enfin, c’est relatif…) pour moi, bien que particulièrement difficile et long à rédiger. En effet, sous savez peut-être que je suis actuellement en terminale (dernière année de l’enseignement secondaire en France) S (scientifique), et qu’à moins d’un échec au bac (mais en vrai, j’ai prévu de l’avoir avec mention donc il n’est pas question d’échec), je quitte définitivement la tutelle du Ministère de l’Éducation nationale pour tomber sous celle du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Comme tous les jeunes français qui n’ont pas redoublé d’année, j’ai passé 7 ans à suivre une formation dans le secondaire (4 ans de collège et 3 ans de lycée), soit une part non négligeable de ma vie : près de la moitié.
J’avais du coup envie de faire un flashback et un bilan de ces 7 ans. Je reviendrai peut-être sur quelques éléments de ma vie de collégien et de lycée, mais j’ai surtout envie de réfléchir à l’avenir de l’enseignement secondaire. J’ai d’ailleurs choisi un titre assez provocateur, et ça n’est pas pas hasard. Bien sûr, comme tous les adolescents, j’ai vécu un nombre incalculable de choses depuis que je suis à l’école, et notamment au collège. Beaucoup d’entre elles m’ont marqué, et j’ai énormément de choses à dire. C’est pourquoi cet article risque d’être assez long (peut-être le plus long que j’aie rédigé jusqu’à maintenant). En tous cas, je risque de mettre beaucoup de temps à l’écrire (pour information, j’ai commencé le 27 mars). Je vais essayer de respecter un ordre à peu près chronologique, mais il y a certaines choses qui commencent réellement à dater et je mélange parfois les années. :D
Les années collège, parce que c’est drôle
Un jour, tu deviendras grand
Je n’avais jamais fait vraiment attention, mais à l’arrivée au collège, on est encore un enfant (12 ans à peine, et encore un peu de mal à réaliser une multiplication à 2 chiffres). On se souvient tous de notre première heure de cours en 6ème. On nous a fait croire au Grand Changement par rapport au CM2. Je ne sais pas vous, mais personnellement je n’ai pas ressenti d’énorme chambardement dans ma vie (à part que je finissais plutôt 15h30 qu’à 16h30, comme c’était le cas en élémentaire). La principale différence que j’ai perçue était le nombre de personnes, et surtout le fait que ce n’était pas les mêmes personnes qu’en élémentaire. Je me suis rapidement rendu compte que les cons finis étaient plus nombreux que je le pensais. Et je ne parle pas des glandeurs, fouteurs de merde, ou que sais-je-encore. Je parle des vrais cons, ceux qui ont des capacités de compréhension limitées. Vous en connaissez forcément : on les reconnaît parce qu’on a beau leur expliquer 15 fois que «quatorze heure et quart» n’est pas français, qu’on doit dire «quatorze heures quinze» ou «deux heures et quart», ils vont encore vous dire «quatorze heure et quart» la prochaine fois que vous leur demanderez l’heure. Eh bien, ceux-là, l’école ne leur apporte rien. Et pire encore : elle leur est néfaste. En effet, étant donné qu’ils ne comprennent pas de dont il est question, ils s’ennuient. Pour briser l’ennui en cours, y’a pas 36 solutions : on peut soit jouer au morpion sur sa calculette, soit discuter avec celui qui est à côté, soit discuter avec les autres personnes qui ont elles aussi du mal à comprendre. Sauf que, dommage, ces personnes là sont de l’autre côté de la salle. Tant pis, on va l’appeler quand même : «HEY JONATHAN T’AS RECU MON SMS ?». Dommage, le prof de français était justement en train d’expliquer les règles d’accord des adjectif pour nos amis Jonathan et son camarade un peu bruyant, parce que bien sûr il n’y a qu’eux deux qui n’ont pas compris cette règle. Première conclusion de cet article : Jonathan ne saura pas accorder les adjectifs.
Bien sûr; ma dernière phrase est une boutade, mais je pense qu’elle relève d’un problème bien plus grave : c’est une erreur de forcer tout le monde à étudier les matières générales jusqu’en 3ème. En effet, si dès la 5ème, un élève décroche, je ne vois pas comment il pourra mieux suivre en 3ème.
Histoire de nous situer un peu dans la palpitante histoire de ma vie, je suis en fin de 5ème quand je fais ces premiers constats. Ils n’étaient sans doute pas aussi bien formulés qu’ils le sont aujourd’hui, mais en tous cas je savais déjà, lorsque j’étais en 5ème, que je serais obligé de me coltiner les 10 guignols qui vont littéralement pourrir les 4 classes de l’année 92/93 dans mon collège, et ce pendant 4 ans. Bienvenue en 4ème. Une année riche, pour plusieurs raisons. Premièrement, ça rigole plus parce que j’ai 14 ans maintenant, alors je suis Grand, Beau, Fort et Intelligent. Enfin, j’aimerais bien. Tout ce que je sais le jour de la rentrée, c’est que j’ai 2h de perm le jeudi entre 14h20 et 16h20 avant d’avoir latin jusqu’à 17h20 (souvenez-vous, au collège on fait l’appel en permanence) ; les non-latinistes étant déjà chez eux depuis 14h20 bien entendu. Je n’ai toujours pas digéré ces dizaines d’heure à glander avec 5 autres cons comme moi en perm, en attendant l’arrivée de notre prof, sans compter que le latin C’EST DE LA MERDE ! Conseil d’ami : si on vous propose un jour latin ou grec ou hébreu ou allemand médiéval, refusez tout net. En tous cas, cette année je suis délégué de classe. Ça tombe bien, j’avais envie de gueuler contre cet emploi pourri. Il paraît que c’est le principal adjoint qui s’occupe des emplois du temps. Je crois que j’ai jamais passé autant de temps dans un bureau administratif que pour négocier le déplacement de l’horaire. Ça n’a pas fonctionné la même année, mais l’année suivante, les heures d’option étaient intégrées au milieu des journées, et les non-latinistes finissaient tantôt plus tôt que les latinistes, tantôt avaient des heures de trous. Un peu plus équitable quand même.
Au delà de ces histoires d’emplois du temps, étant délégué, j’étais chargé d’assister au conseil de classe. J’ai été surpris de mesurer l’hypocrisie des enseignants. D’une part, il y a ceux qui ne disent rien pendant l’année mais qui se font plaisir lors des conseils. D’autre part, il y a ceux qui veulent faire croire qu’ils sont pédagogues en expliquant que «tel élève a des difficultés, et que en plus il a été traumatisé par la mort de son hamster sénile» alors qu’en fait ils saisissent toutes les occasions possibles pour incendier leurs élèves en cours. Dernière catégorie, il y a les menteurs. Ils sont plus rares, mais il y en a et je pense qu’il est inutile d’en parler, vous savez ce que c’est. Cette année, il y a quand même un événement qui m’a particulièrement marqué. Dans ma classe, il y avait 2 personnes qui avaient à peu près le même profil scolaire, c’est à dire sans problème de discipline et assez discrets. Mais ils ne suivaient absolument pas en cours. Ils n’étaient pas intéressés par les cours, et ils avaient de toutes façons énormément de mal à les comprendre. Seule différence entre les deux : l’âge. Un d’entre eux avait redoublé une année, et était né en septembre ; l’autre n’avait pas redoublé et était né en juillet. Un autre point commun notable : ils avaient un projet professionnel similaire, à savoir quitter l’enseignement général dès la 4ème pour intégrer un C.F.A (Centre de Formation d’Apprentis – il s’agit d’une formation professionnelle en alternance). Or, en France, l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans. Cela conduit à une aberration : une des deux personnes en question a pu rejoindre son C.F.A, alors que l’autre a été obligée de rester au collège et de terminer sa 3ème. Résultat : un dégoût des études, une année à glander et à faire chier la classe. Y’a mieux comme projet.
Deuxième constatation importante : l’école obligatoire jusqu’à 16 ans est une connerie. Certains ne sont pas faits pour, arrêtons de croire que connaître le théorème de Pythagore est indispensable à l’exercice d’une activité professionnelle. C’est encore moins indispensable quand on ne le comprend pas…
C’est qu’une année passe vite, je suis déjà en 3ème ! L’année du brevet diront les profs, l’année de l’orientation disaient les parents. Au fond, c’est une année comme une autre, avec des cours et des devoirs (mais pas trop), et surtout des engueulades avec la prof de latin. J’ai vraiment peu à dire sur mon année de 3ème, qui a sans doute été une des plus ennuyantes de ma vie d’un point de vue scolaire. Au final, j’ai passé 4 années à être suffisamment crédule pour croire (à moitié) ce que les profs nous disaient, c’est à dire que «l’année prochaine, ça va être dur !». Enfin, j’y ai cru la première journée de cours, et en fait je me suis vite rendu compte que c’était comme l’année précédente, mais avec un nom différent et pas les mêmes profs (et éventuellement des classes différentes, mais chut !).
Moi, je suis encore au collège !
Vous y êtes encore ? Ne vous en faites pas, cela passe plus vite qu’on pourrait le croire. À mes yeux, la plus grande difficulté du collège, c’est de pas se laisser attirer par les crétins finis qui s’amusent à foutre le bordel en cours. Parce qu’au fond, le contenu n’est vraiment pas insurmontable, et en étant un minimum attentif en cours (i.e. noter le cours correctement, essayer de comprendre ce que le prof raconte), vous pourrez vous épargner tout travail chez vous. N’hésitez d’ailleurs pas à contre-dire vos profs si vous estimez qu’ils sont cons ; ils le prendront peut-être mal, mais il n’y a rien de plus formateur.
À mes yeux, le collège est quand même le gros point faible du cycle secondaire, et ce pour une raison simple : tous les jeunes de moins de 16 ans sont obligés d’y aller (à l’exception de l’infime minorité qui suit un enseignement par correspondance et/ou directement à la maison). Du coup, une partie non négligeable d’entre eux n’y trouve pas sa place. Je discerne personnellement 4 catégories d’élèves :
- ceux qui suivent sans problèmes. En général, ils sont assez discrets, relativement glandeurs et s’ennuient en cours. Ils comprennent ce qu’on leur explique sans avoir besoin de beaucoup d’efforts. Du coup, soit ils dorment à moitié en cours, soit ils discutent. Parmi ces élèves, on discerne encore, à mon avis, deux sous-catégories :
- ceux qui arrivent à faire croire aux profs qu’ils bossent et qu’ils sont très sérieux ;
- ceux qui s’en foutent de ce que les profs pensent, étant donné qu’ils ont 17 de moyenne, personne n’a rien à leur reprocher (à condition qu’ils ne foutent pas le bordel).
- Ceux qui sont obligés d’être attentifs en cours pour être sûrs de bien tout assimiler. À mon avis, il s’agit de la grande majorité des élèves. Là encore, je vois deux sous-catégories :
- ceux qui s’accrochent et qui s’efforcent de réellement suivre. En général, ça paye et ils s’en sortent bien.
- Ceux qui abandonnent, trouvant que c’est trop dur et que ça ne sert à rien. Souvent, ils finissent pas se retrouver dans la dernière catégorie (cf plus bas).
- Moins nombreux, on trouve aussi ceux qui sont en réelle difficulté. Ils ont beau se démener à bosser chez eux, suivre en cours et se payer des massages thaï pour se détendre, ils n’y arrivent pas. Là encore, ils sont nombreux à déclarer forfait, même si certains persévèrent… Malheureusement, ils ne sont pas certains de réussir.
- Enfin, dernier ces : il y a les élèves qui sont dégoûtés de l’école. Ils foutent le bordel en cours, foutent rien et n’hésitent pas à crier au scandale lorsqu’ils ont des notes foireuses. Bien sûrs, ils ne sont pas si nombreux, mais ils ont la capacité surprenante de réussir à foutre en l’air une classe entière simplement en étant 5 dans cette catégorie (repensez à notre cher Jonathan).
Bien sûr, c’est très schématique, mais je suis très fier de ce plan, car je le trouve assez réaliste est suffisamment fiable pour être un bon modèle de la composition des classes. Globalement, on retrouve dans chaque classe environ 25% d’élèves de chaque catégorie. J’en arrive donc à une théorie qui déplait à beaucoup : je suis pour les classes de niveau. La raison en est simple : dans une classe, ceux qui comprennent dès la première explication peuvent passer aux exos. En attendant, ceux qui ont besoin d’être attentifs ont besoin d’une seconde explication avant de pouvoir eux-même faire leurs exercices. Pas de bol, pendant de cette deuxième explication, le premier groupe a terminé ses exos et s’est mis à discuter pour passer le temps. Résultat : la deuxième explication est plus difficile à comprendre, ce qui mène les élèves en difficulté à abandonner et à cesser d’écouter. Bien sûr, parallèlement à cela, le dernier groupe d’élève (composé de ceux qui s’en foutent) s’occupe comme il peut, c’est à dire en balançant des avions en papier vers le prof. Évidemment, le prof s’énerve et du coup interrompt son explication pour pousser une gueulante. Résultat : ceux qui étaient en train d’essayer de comprendre sont obligés de s’arrêter… et ils se mettent à discuter. Conclusion : au bout de 10 minutes, il y a 6 élèves qui ont fini de bosser, 6 autres qui essaient vaguement de lire le cours en faisant semblant de ne pas entendre le prof de physique gueuler à «cette bande de p’tits cons» -composée de tous ceux qui n’ont pas compris le cours- qu’ils feraient mieux de se la fermer. Cette situation provient d’une raison évidente : tous les élèves ne vont pas au même rythme, du coup certains s’ennuient alors que d’autres n’arrivent pas à suivre.
Pour résoudre ce problème, il faut des classes de niveau. Ceux qui y arrivent bien ensemble, comme ça ils avancent à leur rythme sans perdre de temps. Ceux qui ont un peu plus de mal ensemble, comme ça ils peuvent aller à leur rythme sans avoir à se précipiter. Enfin, ceux qui s’en foutent ensemble, puisque de toutes façons ils s’en foutent… Je dirais même que comme ça, on sera sûrs qu’ils ne dérangeront pas ceux qui veulent suivre. Bien sûr, ceux qui sont contre cela me sortent systématiquement l’argument du «collège à deux vitesses». Je suis navré de le dire, mais le collège est déjà à ceux vitesses, et succomber à l’illusion que tous les collégiens ont la capacité d’avoir le Brevet avec mention est une erreur, une grave erreur.
Pfiou, c’est long et je n’ai pas encore parlé du lycée. Je ne pensais vraiment pas que ce que j’avais à dire à propos du collège nécessiterait autant de texte ! Mais n’empêche, on est (déjà !) en 2006 et je suis en 2nde. 4 ans de collège, c’est court mais c’est aussi suffisamment long. À titre personnel, je n’en pouvais plus de présenter chaque matin mon emploi du temps au même surveillant, de devoir expliquer chaque semaine à ma prof de français que «je ne veux pas écrire sur des feuilles à grands carreaux, je n’utilise que des petits carreaux». Bref, l’entrée au lycée était la bienvenue.
Les années lycée, parce que c’est épique
(ou pas)
Pour moi c’est évident, il y a un énorme changement entre le collège et le lycée. Pas vraiment d’un point de vue du contenu des cours (encore que c’est contestable, comme nous le verrons un peu plus bas dans l’article), mais plutôt en ce qui concerne l’ambiance et les méthodes de travail. Et je ne parle pas des méthodes dans le sens où les profs les entendent, mais bien de l’environnement et de la façon dont on vit les cours. Cependant, je dois préciser que je suis dans un lycée un peu particulier en ce qui concerne les locaux. En effet, il est inclus dans un campus (de campus de l’ENS de Cachan), un peu à la manière des universités. En conséquence, le lycée n’est pas entouré de grilles et il est directement ouvert sur l’extérieur, ce qui facilite les déplacements des élèves. D’ailleurs, certains cours ne se font même pas dans l’enceinte de l’établissement, mais dans les locaux de l’ENS (c’est le cas des matières technologiques qui nécessitent des ateliers).
Bienvenue en 2nde, bienvenue en vacances
Ce titre n’est pas uniquement provocateur, il est également représentatif de ce que j’ai vécu en 2nde (attention, ça n’était pas le cas de tout le monde, loin de là). À mes yeux, la seconde est tout à fait dans le prolongement de la 3ème. La seule différence provient du fait qu’il faudra apprendre à prendre des notes pour se débarrasser progressivement de la dictée des profs. Et ça n’est pas si difficile que ça en a l’air, il suffit d’être un minimum attentif et d’écrire rapidement les notions clés du cours. Sans compter que certains profs (surtout en sciences) n’exigent pas la prise de notes.
La grosse différence provient surtout des matières littéraires. Contrairement au collège, on n’apprend plus simplement à manipuler la langue : il s’agit d’étudier des textes, de les comprendre et de les interpréter. En sciences, la classe de 2nde n’est pas insurmontable (sauf si vous avez eu des profs médiocres au collège, et d’après ce que j’ai vu dans mon entourage, c’est assez fréquent), mais la physique-chimie prend de l’importance. Ah oui au fait : ne prenez pas en compte les remarques de vos profs de collège qui essaient de faire croire que les Enseignements de détermination sont importants, c’est un mensonge (ou peut-être une erreur ?). Événement notable de mon année de 2nde : les grèves lycéennes (début des grosses réformes, avec diminution du personnel enseignant). Je n’avais pas spécialement fait attention sur le moment, mais ces grèves (j’utilise le terme grève faute de mieux, mais on peut difficilement être gréviste sans être salarié) ont malgré tout duré près de 4 mois ! Je me souviens que, sur un modèle vaguement similaire à la classification que j’ai réalisée pour les élèves de collège, on pouvait discerner 3 catégories de personnes :
- celles qui participaient au mouvement, c’est à dire manifestations, distribution de tracts, etc. Dans mon lycée, le blocus n’était que symbolique car nous ne verrouillions qu’une entrée sur les deux. Et les jours où il n’y avait pas de manifestation, tous les élèves investis allaient en cours.
- Celles qui ne participaient pas au mouvement. Dans ce cas, elles allaient en cours normalement. Bien entendu, les enseignants non grévistes faisaient eux aussi cours normalement.
- Dernière catégorie : les cons. Il s’agit de ceux qui n’allaient ni en cours ni ne participaient au mouvement. En d’autres termes, il s’agissait de profiteurs.
Dans ma classe, environ 40% d’entre nous participions aux manifestations, et environ 15% allaient en cours… Les autres font partie de la dernière catégorie. Par ailleurs, nous (les grévistes) nous étions organisés pour qu’il y ait systématiquement 2 d’entre nous qui soient présents en cours pour pouvoir le refiler aux autres. Ainsi, personne ne pouvait nous reprocher d’être de mauvaise foi, et nous étions sûrs de ne pas ralentir le rythme de ceux qui ne participaient pas aux grèves. Tant pis pour les autres. Les manifestations étant en général les mardi et jeudi, nous allions en cours le reste du temps, mais n’allez pas croire que manifester est reposant : certains d’entre nous étaient déjà présents à 7h au lycée pour imprimer les bannières et organiser le blocus (symbolique, je rappelle), et nous étions rarement de retour chez nous avant 18h, voire 19h pour certains. Sans compter qu’il fallait ensuite rattraper les cours. Si je dis ça, ce n’est pas pour me plaindre, mais pour bien montrer que les grévistes ne sont pas des glandeurs (enfin, pas tous :-° ).
D’une manière générale, je pense que si les cours n’avaient pas été aussi simples, je me serais moins investi dans ce mouvement et je serais probablement allé en cours plutôt qu’en manifestations. Il y a quand même quelque chose d’important en 2nde : il faut choisir sa première. Je n’en ai pas énormément parlé car la question s’est peu posée en ce qui me concerne, je savais que je voulais entrer en 1ère S, et mes résultats me le permettaient sans problème. Par contre, une fois en 1ère, l’année de vacances s’est trouvée définitivement terminée.
L’année de première, c’est quand même une douche froide
Pour moi, l’année de première a vraiment été l’année au cours de laquelle j’ai ressenti la plus grande différence de niveau par rapport à l’année précédente. En effet, à chaque changement de classe, j’ai eu l’impression que le programme était en parfait continuité avec celui de la classe précédente. Ça n’a aucunement été le cas entre la 2nde et la 1ère. Les cours exigeaient plus d’attention, et j’étais obligé de faire mes exos pour m’assurer des notes correctes (disons, 12), bouh ! Concrètement, je suis sorti de ma bulle de complaisance dans laquelle je réussissais à m’en sortir avec des notes tout-à-fait honorables sans avoir à réellement bosser en dehors des cours. Cependant, le contenu des cours s’est révélé de plus en plus intéressant, à l’exception de la chimie, matière qui me fait tout autant chier (alors que j’aime bien la physique :-’ ). Gros événement de l’année : une panne de chauffage dans le lycée. Et je parle pas de la petite panne qui dure 2 jours. Pendant la fin du mois de janvier et tout le mois de février, on a dû se passer de chauffage. Histoire que ça soit un peu plus rigolo, on a eu droit à un hiver particulièrement rigoureux, à tel point qu’on a réussi à atteindre une moyenne de 8° C dans les salles de cours (d’où mon titre évoquant une « douche froide »)… Il a fallu en arriver là pour que le lycée ferme pour 4 jours et réparer enfin les radiateurs… en attendant l’année suivante.
J’ai peu à dire de plus à propos de ma 1ère, à part que j’aurais bien aimé pouvoir suivre mes cours de maths sans utiliser des gants pour écrire (véridique) et sans avoir à souffler sur les serrures des portes pour enlever le gel (véridique aussi). À la fin de la première, la légende raconte qu’il y a des épreuves anticipées du bac. Pour les élèves de S, c’est le français et les T.P.E (un genre d’exposé à réaliser sur un sujet de notre choix). Je m’en sors plutôt bien avec 13 et 14 en français et 19 en T.P.E. Mais maintenant, il faut préparer le bac, le vrai.
Terminale
Un titre banal pour une année banale. Les cours sont globalement assez simples à suivre mais sont également nettement moins intéressants qu’en première. En effet, il s’agit avant tout de méthodes à appliquer mécaniquement et de répondre à des questions types pour réussir le bac. En maths, notamment, je trouve que les notions abordées sont nettement moins intéressantes qu’en 1ère ; ou peut-être s’agit-il de la façon dont on doit appliquer les connaissances acquises. Heureusement, je suis en spé maths, ce qui permet d’approfondir un peu les raisonnements et de faire des maths, des vraies, des qui font peur. Autrement dit, on doit enfin raisonner un peu et réfléchir avant de résoudre les exercices. En plus, on étudie l’arithmétique donc ça pwne tqvu.
J’allais oublier de parler de l’orientation post-bac. Pour la 2ème année, une nouvelle procédure de gestion des écoles post-bac a été mise en place, en remplacement de l’ancienne procédure Ravel. Elle permet de centraliser l’ensemble des vœux des candidats grâce à un site Internet unique qui facilite la communication entre les candidats et les écoles. Je suis assez surpris car j’étais sceptique quant à l’efficacité de cette procédure, mais je dois dire que jusqu’à aujourd’hui, tout s’est très bien passé. En tant que candidat, je dois simplement saisir les écoles que j’aimerais intégrer l’année prochaine (toutes formations confondues) et les classer par ordre de préférence. Selon les cas, les dossiers de candidature sont soit électroniques soit à envoyer par la poste mais dans tous les cas, toutes les réponses des établissements se font par email, ce qui permet une rapidité de circulation des informations. Ainsi, cela permet de tenir un calendrier très serré sans avoir à craindre un retard du courrier postal, une mauvaise adresse, etc. D’une manière générale, chaque phase de proposition de vœu dure 3 jours : une école vous envoie une proposition de place, que vous acceptez ou refusez. Si vous l’acceptez, vous êtes inscrit, sinon une autre école vous propose une place. Pour plus de détails concernant cette procédure, vous pouvez lire la documentation qui en explicite les différentes étapes. Bien évidemment, entre la saisie de 2 vœux, il faut quand même penser un peu au bac… Même si d’après les sujets que j’ai pu lire, c’est davantage une blague qu’autre chose.
Ce qui ressort surtout pour moi après ces 3 années de lycée et surtout ces 2 années à préparer le bac scientifique, c’est que je trouve l’enseignement très intéressant, mais il n’est pas assez approfondi ni spécialisé. Je ne sais pas exactement ce qu’il en est pour les deux autres section générales (c’est à dire littéraire et économique et sociale), mais je trouve qu’en S, l’importance donnée aux matières scientifique est trop nuancée par celle des matières non-scientifiques. Pour comparaison, en 1ère, on avait 4h de français/semaine, pour 5h de maths. Pourtant, il est bien évident que le programme de maths devrait nécessiter une plus grande proportion dans les emplois du temps. À titre de comparaison, les élèves de ES ayant choisi la spécialité maths ont eux aussi 5h de maths/semaine pour un volume de connaissances absolument incomparable. J’ai choisi l’exemple des maths, mais il est également vrai pour la physique/chimie. Je me suis amusé à faire la somme des coefficients des matières scientifiques et des matières non-scientifiques pour comparer :
- Matières scientifiques :
- Maths : coeff. 7 ;
- Physique/Chimie : coeff. 6 ;
- S.V.T. : coeff 6 ou S.I. : coeff. 9 (mais il y a en fait 2 matières en S.I.)
- Spécialité (maths ou physique/chimie ou SVT, selon le choix des élèves) : coeff. 2
- Total : coeff. 21 ou coeff.24, sachant que la spécialité est facultative en S.I.
- Matières non-scientifiques :
- Français : coeff. 4 ;
- Histoire/Géo : coeff. 3 ;
- Philo : coeff. 3 ;
- LV1 : coeff. 3 ;
- LV2 : coeff. 2 ;
- E.P.S : coeff. 2
- Total : coeff. 17
On a donc une différence de coefficients comprise entre 7 et 4, autant dire que la spécialité des élèves de S n’est pas si scientifique que ça. Cela se ressent d’ailleurs dans le volume horaire, et notamment dans la deuxième langue. Concrètement, faire apprendre une langue autre que l’anglais à des élèves qui visent à continuer dans le milieu scientifique est strictement inutile et se résume à une perte de temps. Il en va de même avec l’Histoire/Géo, qui devrait, selon moi, s’arrêter à la fin de la 1ère au même titre que de français. En accordant 7h de maths, 6h de physique/chimie, 6h de S.V.T ou 10h de S.I, 3 de français, 3h d’Histoire/géo (avec épreuve anticipée en fin de 1ère), 4h d’anglais, 3h de philo et en supprimant la LV2, on aurait, d’une part des élèves beaucoup plus intéressés par leurs cours, et d’autre part un bac S qui mériterait vraiment son nom.
Conclusion
Si je ne me trompe pas, cet article est le plus long que j’aie rédigé sur ce blog jusqu’à maintenant. Il faut dire qu’il retrace une longue période de ma vie et que j’ai beaucoup de choses à en dire. J’ai essayé de ne pas trop faire un article classable dans la catégorie des « 36 15 MyLife », et je pense avoir trouvé un équilibre assez correct entre « raconter ma vie » et « en tirer des conclusions pertinentes ». J’espère que vous avez pensé de même.
Comme je l’avais prévu, j’ai mis un temps fou à écrire cet article. Il faut dire que ma semaine a été excessivement chargée et que j’ai eu vraiment peu de temps pour écrire. Sur ce, on est déjà le 1er avril et il est 13h10, mais ça ne m’empêche pas d’avoir la flemme de me relire donc la publication attendra ce week-end. :p
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